L'église abbatiale
L'abbaye de Weingarten ou l'abbaye Saint-Martin (autrefois la Reichsabtei Weingarten jusqu'à 1803), l'une des plus importantes des nombreuses abbayes impériales baroques, est située sur le Martinsberg (Mont Saint-Martin) à Weingarten près de l'ancienne ville impériale de Ravensburg, où elle domine la vallée Schussen dans la région de Baden-Württemberg. Depuis 1949, une aile de l'abbaye loge un monastère bénédictin de deux traditions ou rites ecclésiastiques. Une partie des moines sont de l'observance romaine, l'autre partie de l'observance byzantine. Les autres sections de l'ancienne abbaye accueillent un collège d'enseignants et une académie catholique dirigée par le diocèse catholique de Rottenburg-Stuttgart.
Historique
En 935, le duc Henry, de la maison des Welfs, une dynastie de contes et de ducs et dont la place ancestrale se situe à Altdorf dans la vallée, fonde un couvent qui sea utilisé comme le lieu de sépulture. En 1056, Welf IV, le duc de Bavière, transfère le couvent à son endroit actuel sur le Martinsberg, un héritage de sa mère et surplombant le village d'Altdorf. Il y installe des moines provenant de l'abbaye d'Altomünster. Le nom Weingarten, signifiant «le vignoble» est documenté à partir de 1123.
Le plus important trésor de Weingarten était et est un vestige du Précieux Sang, qui a été apporté au monastère en 1094. Chaque printemps, il y a un grand défilé en son honneur, le parcours du Précieux-Sang de Weingarten, attirant environ trois mille cavaliers (une fois réunissant plus de sept mille).
Les moines travaillaient entre autres sur l'enluminure de manuscrit. Leur plus réputé travail est le Sacramentaire de Berthold datant de 1217 et faisant partie maintenant de la bibliothèque Pierpont Morgan à New York. Aussi réputée est la chronique des Welfs (Welfenchronik), écrite et illustrée vers 1190. Cette chronique glorifie la maison des Welfs qui avait son centre dans la ville voisine de Ravensburg. De 1124 à 1182, une basilique romane à voûte plate avec un transept et une façade avec deux tours à l'extrémité Ouest est construite dans le monastère. Le lieu de sépulture des Welfs se trouvait dans une chapelle sise entre les deux tours. Avec une longueur totale de 82 mètres (269 pieds), l'église est l'une des plus grandes basiliques romanes au monde.
Les premiers administrateurs du monastère étaient les Welfs et, débutant en 1191, les Hohenstaufens. En 1274, après un interrègne, le monastère est élevé au statut d'un «Reichsabtei» (abbaye impériale) qui le rendait indépendant de tout seigneur territorial sauf de la monarchie. Pour ce faire, il a dû lutter âprement contre la maison des Habsburgs qui revendiquait un droit à l'administration. Weingarten a toujours un incubateur pour les arts et les sciences. Pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, beaucoup de ses membres étaient des enseignants à l'université bénédictine à Salzbourg.
Dès la guerre de Trente Ans, l'abbaye voulait moderniser son église afin de refléter son haut statut et, après la guerre, des négociations ont lieu avec plusieurs architectes célèbres pour un nouvel édifice. Même aujourd'hui, il est difficile d'identifer l'architecte responsable. On considère généralement que c'est le travail de Franz Beer, mais sa qualité fait de Kaspar Moosbrugger, l'architecte d'Einsiedeln, le candidat le plus probable. À partir de 1715, l'église abbatiale romane est démolie et remplacée par une grande église de style baroque italo-germanique qui est richement décorée. Quand la nouvelle église est consacrée en 1724 presque toute la décoration est achevée.
Puis vinrent les bâtiments du monastère. La construction en a été retardée à la suite d'une dispute juridique interminable qui s'en est suivie parce qu'une partie des bâtiments auraient été construits sur le sol autrichien donc à l'extérieur du pays du monastère. Le plan idéal de 1723 démontre un monastère-château complètement symétrique avec une église au centre et des bâtiments de bloc à chaque coin, le tout entouré d'une série de galeries courbées et des pavillons dans le style des palais princiers. Le plan ne sera jamais complètement réalisé. Selon l'ordre du 27 avril 1728, la construction sur l'aile Nord est arrêtée alors que l'aile Sud est prolongée et l'aile Est est achevée.
L'abbaye de Weingarten est devenue l'un des monastères les plus riches de l'Allemagne du sud, en possédant environ 306 kilomètres carrés (118.1 milles carré) de riches terres s'étendant de l'Allgäu jusqu'au Bodensee et incluant beaucoup de forêts et de vignobles avant que le tout soit confisqué lors de la sécularisation en 1803. Weingarten a d'abord été cédé à la maison de Nassau et Altdorf au duché de Württemberg. En 1806, Weingarten est aussi incorporé au Württemberg. Les bâtiments sont utilisés entre autres comme usine et comme casernes.
En 1865, le village a pris le nom du monastère pour devenir l'actuelle ville de Weingarten.
En 1922, l'abbaye a été refondée et réinstallée par les bénédictins de l'abbaye de Beuron et ceux de l'abbaye anglaise d'Erdington (dans une banlieue de Birmingham) qui avait été fondée par des membres de l'abbaye de Beuron. En 1940, les moines ont été expulsés par les nazis, mais ils ont pu revenir après la guerre. Pendant la période du nazisme, Weingarten a été fusionné à Ravensburg; après la guerre, les villes rivales se sont à nouveau séparées.
Lors des réformes municipales des années 1970, on a tenté à nouveau de fusionner Ravensburg et Weingarten, mais cette tentative a échoué en raison d'une résistance massive de la part des citoyens de Weingarten.
L'édifice
En plus d'être la deuxième plus grande église en Allemagne, l'église abbatiale est aussi la plus grande église baroque en Allemagne. Son coût a atteint 227 000 florins - une très forte somme, mais l'abbaye a été en mesure de la payer sans avoir à s'endetter. Elle est connue comme le «St. Pierre de la Swabie» parce que qu'elle est presque exactement la moitié de la grandeur de la Basilique St. Pierre à Rome. En termes architecturaux, tout est conçu avec ampleur : la croisée, avec ses xxx, sur d'immenses piliers et des arches, un dôme italien sur un tambour qui est unique dans la région; le choeur allongé pour les moines; et finalement la grande nef, remplie de lumière avec ses grandes voûtes profondes latérales et ses voûtes peu profondes ressemblant à des dômes. Dans cette pièce, la taille ne communique pas seulement des dimensions mesurables, mais encore plus, le pouvoir du monumental.
Les fresques des voûtes et des plafonds ont été exécutées par Cosmas Damian Asam. De nouveau, l'architecture à grande échelle est présente comme c'est le cas de la fresque dans le choeur qui représente le miracle de La Pentecôte au-dessous d'une rotonde de colonnes avec un dôme, le tout peint avec une perspective de réduction vue d'en bas. Asam s'est inspiré d'une oeuvre du grand maître italien de la perspective, Andrea Pozzo. Les stalles du choeur ont été exécutées en 1724 par Joseph Anton Feuchtmayer.
La façade a aussi été conçue de manière ambitieuse. Encadré par deux tours très éloignées, le centre se projette vers la vallée dans une puissante forme ovale oblongue. L'architecte répondait ici à la façade que Fischer von Erlach a construit pour l'église collégiale de Salzbourg, mais il en a atténué le pathétique lui préférant plutôt un gravitas de rock solide, une simplicité et le calme intemporel du monumental. Comme articulation, il a utilisé des pilastres colossaux sur les socles et deux rangées uniformes de fenêtres semi-circulaires qui courent à travers l'entière façade. Le frontispice surdécoré ajouté au centre par Donato Giuseppe Frisoni est, selon l'aveu général, quelque peu dissonnant avec le reste de la structure. La façade annonce à un visiteur même de loin que cette église fait partie d'une abbaye impériale. Les tours contiennent sept grosses cloches. Il existe une cloche supplémentaire dans la tour Nord (la cloche Hosanna, 6 500 kg, 14 330 livres, datant de 1490).
L'église abbatiale est devenue une basilique mineure en 1956.
Les orgues
L'orgue de tribune
La présence des premiers orgues dans les églises précédentes est attestée au XIIIe siècle, cuex-ci sont remplacés par de nouveaux instruments en 1561 et 1613. Quand la vieille église est démolie en 1715 et qu'elle est remplacée par l'église abbatiale actuelle en 1724, des plans sont élaborés pour la construction d'un nouvel orgue. L'architecture grandiose de l'église requiert un instrument unique. Six fenêtres percent le mur de la tribune Ouest et l'offre de construction stipule que le buffet d'orgue ne doit dissimuler aucune de ces fenêtres. Donc, aucun type de buffet, de l'Italie aux Pays-Bas, ne pouvait s'appliquer. En 1729, l'attention des membres du chapitre de l'abbaye se porte vers le jeune facteur qui était, en ce temps-là, presque inconnu, Joseph Gabler (1700-1771). Pour le moment, celui-ci travaillait àr la reconstruction de l'orgue de l'abbaye d'Ochsenhausen. Il a été choisi malgré la compétition offerte par Andreas Silbermann, de Strasbourg. Comme Gabler avait terminé l'orgue de l'abbaye d'Ochsenhausen en 1733, le chapitre de l'abbaye de Weingarten lui demande de réparer son orgue de choeur et, constatant que ces travaux ont été réalisés avec succès, il lui propose, en 1737, de construire son nouveau grand orgue. Ce sera un chef-d'œuvre incomparable et seulement le deuxième orgue que construit Gabler. Les esquisses du buffet qu'il soumet sont vraiment sensationnelles. C'est un excellent exemple de synthèse d'un orgue et son architecture spatiale dans une véritable oeuvre d'art. Même son principal adversaire contemporain à l'intérieur de l'abbaye, le père Anselmus Wüntsch, admet que les esquisses du biffet soumises par Gabler sont «l'oeuvre d'un maître».
La construction, qui s'échelonne de 1737 à 1750, est couverte par quatre contrats differents (1737, 1739, 1741, 1745) et représente un prix total de 26 895 florins. Pas seulement les esquisses mais aussi l'exécution technique, en particulier le système de vent et la traction, sont de très haute qualité. Différents trucs techniques font que le tout, malgré son très large déploiement, reste jouable de façon assez confortable. De plus, Gabler réalise ici la première console détachée en Allemagne. Le nombre total de tuyaux devrait s'élever à un total de 6666 qui, selon la tradition monacale, correspond du nombre des coups que Jésus a reçu pendant la flagellation. Toutefois, ce nombre n'a jamais été exactement atteint.
Dans le premier contrat de 1737, le nouvel orgue devrait contenir 60 jeux et quelques jeux de percussion comme le Glockenspiel, le Cimbala et le Rossignol. L'étendue des claviers devait posséder 49 notes sur les claviers manuels (C-c3) et 20 notes (C-g) pour la pédale incluant les 12 notes chromatiques dans les octaves les plus basses. Le système de vent dans la tour Nord devait comporter 12 soufflets. La majeure partie de l'orgue devait être opérationnelle d'ici trois ans.
Même aujourd'hui, le projet de Gabler captive toujours des visiteurs même si ceux-ci ne voient que la bidimension de l'instrument. L'agencement de la tuyauterie et le système de traction démontrent encore plus l'habileté du facteur incluant l'incorporation d'un puissant jeu de 32 pieds. Le riche devis, 63 jeux alors que Silbermann n'en proposait que 38, a été conçu dès le début non vers le spectaculaire mais sur une riche palette sonore. Ce qui domine, sont les nombreuses et différentes sonorités avec lesquelles on pourrait très bien exécuter la littérature d'orgue du temps, Georg Muffat ou Johann Ernst Eberli, avec une variété incomparable de changements de timbres et ce, pour chaque répétition, semblable à un écho d'une expression musicale. Chaque jeu devait être caractéristique et l'ensemble devait être «Lieblichkeit» (mélodieux) principalement produit par les tuyaux à bouche. Gabler a à peine utilisé les anches et un peu les mutations qui ont tendance à «durcir» les sonorités. Pour lui, le but important de l'expérience auditive est obtenue par la douceur d'un tuyau de flûte à laquelle on ajoute la sonorité des jeux gambés pour obtenir un lustre sonore brillant et non pas nécessairement par la puissance des principaux et par la force des trompettes. Le fait que Gabler ait voulu un tutti qui offre un fond qui soit juste afin de permettre le développement des voix solo et ce, en tenant compte des problèmes accoustiques de l'église, beaucoup de jeux sont ocmposés des répétitions, certains d'entre eux possédant même des combinaisons apparaissant comme étranges de flûtes et de gambes. Beaucoup de mixtures contiennent des répétitions massives ou même des quadruples. D'autre part, les raisons expliquant les petites tailles de la plupart de la tuyauterie, demeurent un secret. Elles sont si petites que Silbermann, dans une correspondance avec le cloître, a cru bon d'émettre un avertissement. Néanmoins, le projet possède une faiblesse : l'aspect visuel a été solutionné au détriment de l'aspect acoustique. En fait, l'orgue manque un peu de puissance. Cette situation est occasionnée par le fait que le buffet possède peu d'endroits d'où le son peut s'échapper et la sonorité de l'orgue semble étouffée. Gabler devait connaître cette lacune, car sa solution a été considérée comme adéquate parce qu'il poursuivait un concept de sonorité idéale laquelle est toujours respectée aujourd'hui.
Un incendie dans les bâtiments de monastère le 2 décembre 1737 et un changement d'abbé le 13 novembre 1738 ont ruiné ces plans parce que les menuisiers devaient travailler exclusivement à la reconstruction des bâtiments détruits. En attendant, on demande à Gabler de construire un nouvel orgue de choeur. Vu que les menuisiers ne pouvaient pas livrer les buffets avant que la fin de 1742, le parachèvement de cet orgue a aussi été retardé. Rien ne subsiste de cet orgue de choeur aujourd'hui, sauf les magnifiques buffets baroques. Derrière celles-ci, le facteur Reiser a construit, en 1937, un nouvel orgue de 46 jeux répartis sur trois claviers manuels et pédalier.
Afin de dénouer l'impasse où se trouvent les négociations concernant les deux orgues, un troisième contrat est signé en 1741. Une somme de 10 000 florins est promise à Gabler, mais il doit exécuter, à ses frais, des travaux supplémentaires comme la sculpture des anges et des chérubins sur la façade, la fabrication dispendieuse des claviers en ivoire et la construction d'un orgue de procession de 3 jeux. Dans ce contrat, Gabler a un sens pour la constellation des nombres : le Grand Orgue aurait 76 jeux et 6666 tuyaux, l'orgue de choeur, 24 jeux et 2222 tuyaux pour un total de 100 jeux et de 8888 tuyaux.
Le quatrième contrat, signé en 1745, spécifie que la sonorité de chaque division devait être comme suit : le Hauptwerk doit être dominant, l'Oberwerk et le Kronpositiv doux, l'Echowerk ravissant, le Brüstpositiv doux, le Hauptpedal grandiloquent et le Brustpedal scharpf. À partir de ce moment, l'ensemble ne doit pas être excessivement fort, mais plutôt un peu retreint comme on trouve dans la musique de chambre. Les tendres couleurs pastelles doivent être présentes dans toutes les divisions.
L'orgue est inauguré le 24 juin 1750.
Gabler a dû résoudre beaucoup de problèmes techniques. L'approvisionnement en vent pour le Fernwerk, placé au-dessus de la fenêtre centrale, était presque insoluble. Seuls 4 des 6 jeux prévus à l'origine ont été installés, incluant une mixture. La console, la première console détachée construite en Allemagne Sud, n'est pas seulement une oeuvre d'art en elle-même avec ses claviers et ses tirants de jeu en ivoire mais un exploit quant à sa réalisation technique. L'instrument inclut aussi des jeux spéciaux : un carillon de 20 notes, formé comme les raisins, s'accrochant au-dessus de la console et payable à la pédale; un Rossignol qui comprend trois tuyaux dont la tête est plongée dans l'eau afin d'imiter convenablement un gazouillement; un Glockenspiel, 32 cloches en forme de plateau installées à l'intérieur de la console; le Tympan, 4 tuyaux de basse accordées pour battre; un Cuculus, une turbine mue par le vent qui joue des séquences fixes; un Cimbalum, trois petites cloches mues par une turbine à vent; «La Force», jeu, applicable sur le DO le plus grave de la pédale et qui fait appel à 49 rangs de tuyaux; la fabrication en ivoire des tuyaux les plus aigus du Flageolet.
Des 282 tuyaux de façade, seuls 8 petits sont des chanoines. Dû à un manque de hauteur, les tuyaux C et C# de la Contrebass 32' ont été réalisés en bois et ont été placés à l'intérieur du buffet. Ce jeu est en fait une mixture de 2 rangs, dont la tuyauterie du 16' forme le mur de côté du buffet. Faisant face au buffet, le Brustpositiv est sur la balustrade de la tribune du côté gauche alors que le Brustpedal est du côté droit. La division du Kronpositiv, sise au-dessus de la fenêtre centrale, est alimentée en vent via des planches de bois dans lesquelles des canaux ont été taillés; ceux-ci raccordent les sommiers de Oberwerk au Kronpositiv. Cette dernière division devait comprendre 2 jeux de plus et le jeu du Cimbalum qui possède deux rangs devait en contenir dix. Le jeu de Mixturbass de la division de la pédale devait lui aussi posséder plus de rangs, mais il semble qu'il y ait eu un problème dans l'approvisionnement de vent.
L'orgue de Gabler a gagné, comme quelques autres, l'admiration du monde professionnel de son temps. Une année après son parachèvement, le facteur le plus important de l'Europe, le moine bénédictin Dom Bédos de Celles, s'est rendu à Weingarten pour prendre en note les détails du buffet pour l'inclure dans son travail monumental de l'art du facteur d'orgue (Paris, 1766-1778) en tant que planche 77.
En 1803, en conséquence à la sécularisation, l'orgue a été gardé par l'inventaire. Au moins, jusqu'à un certain degré, l'absence de moyens convenables a préservé l'instrument d'être modifié de façon importante. Une machine pneumatique Baker servant à l'accouplement des claviers manuels a été installée et même une nouvelle division Fernwerk, avec des jeux sous haute pression et placés dans une boîte expressive distincte, est installée en dehors du buffet. Heureusement, ces modifications n'ont pas trop endommagé l'instrument, ni n'ont-elles sérieusement mis en danger la restauration exécutée par la firme suisse Kuhn, en 1981-1983. Les seuls compromis importants ont été acceptés concernent la réduction du pédalier à 27 notes (d') et la légère modification apportée au tempérament inégal flottant du Gabler. En regardant le buffet, on peut se questionner quant à savoir comment se fait l'accord de l'instrument : vraiment, pour accéder à la tuyauterie de la division du Kronpositiv, les épais tuyaux de la Subbass 32' servent d'escalier étroit — absolument l'un des escaliers les plus précieux du monde. Selon les restaurateurs, Gabler a semblé avoir des problèmes avec le calcul de la longueur des résonateurs, car la plupart de siens étaient trop courts. Il aurait voulu avoir une Bombard 32' mais il a raté son coup; il a alors procédé à des modifications pour en faire des 16' et il a gratté un «16'» dans la face du tirant de jeu.
Avec la lumière qui pénètre par les six fenêtres occidentales, l'orgue offre un buffet qui enivre les sens. Sûrement c'est le plus grand de tous les orgues baroques; au mieux celui de Neresheim pourrait rivaliser.
L'orgue de choeur
En 1722, deux ans avant l'inauguration de l'église abbatiale, une commande pour un orgue de choeur est passée auprès de Joseph Bossart qui était, à ce moment-là, probablement le meilleur facteur suisse. Dès 1730, l'orgue devient irréparable et est considéré comme désuet. Face à cette situation, le nouvel Abbé, Alphons Jobst (1684-1738), demande au jeune facteur Joseph Gabler, qui est à compléter l'orgue principal de l'abbaye d'Ochsenhausen, de venir inspecter l'instrument.
Joseph Gabler reçoit l'ordre de réparer l'orgue. Ses qualités techniques en tant que facteur sont tellement sppréciées qu'il est choisi, en 1737, pour construire l'orgue principal et l'orgue de choeur. L'orgue de choeur est prêt en 1743 avec ses 22 jeux et 2222 tuyaux. Gabler reçoit la somme de 666 florins pour son travail. Le buffet, installé au-dessus des stalles du choeur, a été construit, sous la direction de Simon Feuchtmayer, par l'ébéniste du cloître, Joseph Koch; les peintures sont du frère Franz Heine.
Suivent, tout une série de réparations, modifications et reconstructions:
- en 1838/39 et 1845, réparations par Marquart
- en 1867, réparations par Wilhelm Blessing
- en 1881, réparations par Johann Baptist Schefold, de Biberach
- en 1885/90, entretien régulier assuré par les frères Link, de Giengen
- en 1900, reconstruction par Julius Schwarzbaur, de Mindelheim, en utilisant l'ancienne tuyauterie
- en 1902, fin du contrat de service de la part de Schwarzbaur; l'orgue possède 24 jeux
- en 1923/24, peu après le rétablissement de l'abbaye bénédictine, le facteur Späth, d'Ennetach, fournit pratiquement un nouvel orgue de 36 jeux répartis sur deux claviers et ce, en réutilisant encore une fois l'ancien matériel
- en 1932, à la demande du Fr. Winfred Ellerhorst, Albert Reiser, de Biberach, retire quelque jeux et les remplace par sept nouveaux jeux
- en 1934/37, à la demande du Fr. Winfred Ellerhorst, construction d'un nouvel instrument par Reiser
- avant 1966, à la demande du Fr. Gregor Klaus, installation d'une grande mixture
- en 1968 et en 1980, réparations par Reiser
Aujourd'hui, l'orgue est dans un état dramatique et seule une complète restauration pourra mettre fin à sa décadence irrévocable. Une campagne de financement est actuellement en cours afin d'amasser les sommes nécessaires à la réalisation de ce projet.
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The Abbey Church
Weingarten Abbey or St. Martin's Abbey (formerly Reichsabtei Weingarten until 1803), one of the most important of the many Baroque imperial abbeys, is located on the Martinsberg (St. Martin's Mount) in Weingarten near the old imperial city of Ravensburg, dominating the landscape above the Schussen valley in the Baden-Württemberg region. Since 1949, a wing of the abbey accommodates a Benedictine monastery of two ecclesiastical traditions, or "rites". One part of the monks follow the Roman observance, the other part the Byzantine observance. Other parts of the former abbey house a teachers' college and a Catholic Academy run by the Catholic Diocese of Rottenburg-Stuttgart.
History
In 935, Duke Henry, from the Welfs, a dynasty of counts and dukes that had its ancestral seat in the valley below called Altdorf, founds a convent to be used as burial site. In 1056, Welf IV, Duke of Bavaria, transfers the convent to its present location on the Martinsberg, an inheritance from his mother and overlooking the village of Altdorf. He settles it with monks from Altomünster Abbey. The name Weingarten, meaning "vineyard", is documented from about 1123.
Weingarten's most important possession was and is a relic of the Sacred Blood, which was brought to the monastery in 1094. Every spring, there is a a great procession in its honor, the Weingarten Ride of the Sacred Blood, with some three thousand riders (once more than seven thousand).
The monks worked among other things at manuscript illumination. Their most famous work is the Berthold Sacramentary of 1217, now in the Pierpont Morgan Library in New York. Also of especial note is the Welfenchronik, written and illustrated in about 1190, chronicling and glorifying the House of Welf which had its seat in Ravensburg nearby. From 1124 to 1182, a flat-ceilinged Romanesque basilica with a transept and two-tower facade on the west end was built in the monastery. The burial site of the Welfs was located in a chapel between the two towers. At a total length of 269 feet (82 meters), the church is one of the largest Romanesque basilicas anywhere.
The administrators of the monastery were first the Welfs and, beginning in 1191, the Hohenstaufens. In 1274, after an interregnum, the monastery was elevated to the status of a "Reichsabtei" (imperial abbey) meaning independent of all territorial lordship except that of the monarchy, although to do so it had to fight hard against the house of the Habsburgs, which laid claim to administration over it. Weingarten was always an incubator for the arts and sciences. During the 17th and 18th centuries, many of its members were teachers at the Benedictine university in Salzburg.
As early as the Thirty Years' War, the abbey wanted to modernize the church to reflect its high rank, and so after the war, there were negotiations with several renowned architects regarding a new building. It is unclear even today who was responsible for design of the church. It is generally considered to be the work of Franz Beer, but its quality makes Kaspar Moosbrugger, the architect of Einsiedeln, the more likely candidate. From 1715, the Romanesque abbey church was largely demolished and replaced by a large and richly decorated Italian-German Baroque church. When the new church is consecrated in 1724 nearly all the decoration is completed.
Next came the monastery buildings. Construction was delayed by an endless legal dispute that resulted because parts of the buildings would have been on Austrian soil, and thus outside of the monastery's own country. The ideal plan of 1723 shows a completely symmetrical monastery castle with the church in the center and block buildings in the corners; everything is enclosed within a wreath of outward curving galleries and pavilions in the style of princely pleasure palaces. The site was never completed in full. Following the order on April 27th, 1728 to stop construction on the north wing, the southern wing was extended and the east wing was completed.
The abbey of Weingarten became one of the wealthiest monasteries in southern Germany, owning about 306 square kilometers (118.1 square milles) of rich estates stretching from the Allgäu to the Bodensee and including many forests and vineyards, before it was confiscated during the secularization in 1803. Weingarten was first allotted to the House of Nassau and Altdorf to the dukedom of Württemberg. In 1806, Weingarten, too, was incorporated into Württemberg. The buildings were used inter alia as a factory and as a barracks.
In 1865, the village took the name of the monastery to become the present town of Weingarten.
In 1922, the abbey was re-founded and re-settled by Benedictines from Beuron Archabbey and from the English Abbey of Erdington (in a suburb of Birmingham) which had itself been settled from Beuron. In 1940, the monks were expelled by the National Socialists, but were able to return after the end of the war. During Nazi Germany, Weingarten was incorporated into Ravensburg; after the war, the rival cities were separated again.
During the municipal reforms of the 1970s, a renewed attempt to fuse Ravensburg and Weingarten failed due to massive resistance on the part of the citizens of Weingarten.
The Building
Besides being the second largest church in Germany, the abbey church is the largest Baroque church in Germany. The costs ran to 227,000 guldens - a very high sum, but the abbey was able to pay it without taking on debt. It is known as the "Swabian St. Peter's" since it is almost exactly one-half the size of St. Peter's Basilica in Rome. Everything is conceived generously in architectural terms as well: the crossing, over with looms, on immense piers and arches, an Italian dome on a drum that is unique in the region; the extended monks' chancel; and finally the broad, light-filled hall of the main block, with its broad and deep lateral vaults and shallow domelike vaults. In this room, size communicates not only measurable dimensions but even more, the power of the monumental.
The frescoes in the vaults and ceilings have been created by Cosmas Damian Asam. Here again, large-scale architecture is present as in the chancel fresco with the Pentecostal miracle beneath a column rotunda with a dome, all painted with virtuosic perspectival foreshortening from below. Asam was inspired by a construction by the great Italian master of perspective, Andrea Pozzo. The choir stalls were executed in 1724 by Joseph Anton Feuchtmayer.
The facade is also ambitiously conceived. Framed by two far-flung towers, the center projects toward the valley in a powerful oblong oval shape. The architect was responding here to the facade of Fischer von Erlach's Salzburg collegiate church, but he toned down the pathos that dominates there and instead gave it a rock-solid gravitas, simplicity, and the timeless calm of the monumental. For the articulation, he employed colossal pilasters on pedestals and a uniform two-tiered row of round arch windows that runs all the way across. The over-ornemented frontispiece that Donato Giuseppe Frisoni added over the middle does not match the lower structure, admittedly. The facade announces to a visitor even from afar that this church is part of an imperial abbey. The towers house seven large bells. There is an additional bell in the North tower (Hosanna bell, 6,500 kg, 14,330 lbs, from 1490).
The abbey church is, since 1956, a minor basilica.
The organs
The Gallery Organ
Earliest organs for the previous churches, mentioned in the 13th century, have been replaced by new organs in 1561 and 1613. When, in 1715, the old church is dismantled and is replaced by the present abbey church in 1724, plans are made for the construction of a new organ. The church's grandiose architecture calls for an unique instrument. Since the west gallery wall is broken by six windows, the request specifies that the organcase must not conceal any of these windows. Therefore, no organcase type, from Italy to the Netherlands, is applicable. In 1729, the abbey chapter's attention is drawn to a young and, at that time, almost unknown organbuilder, Joseph Gabler (1700-1771), who, at that moment, was working at the rebuilding of the organ in the Ochsenhausen Abbey. He is selected in spite of the competition coming from Andreas Silbermann, of Strasbourg. After having completed the new organ in Ochsenhausen in 1733, Gabler is asked to repair the Weingarten choir organ, and after he had executed these works successfully, he is asked, in 1737, to built the new main organ for the Weingarten Abbey. It will be an unmatched masterpiece and Gabler's only second organ. The organcase draft he submitted is really brilliant. It is an excellent example of the synthesis of organ and space architecture into a uniform work of art. Even his main contemporary opponent in the abbey, father Anselmus Wüntsch, admitted point-blank that Gabler's organcase draft is «a master model».
The construction time, which lasted from 1737 to 1750, is covered by four differents contracts (1737, 1739, 1741, 1745) and represent a total cost of 26,895 guldens . Not only the draft, also the technical execution, in particular the wind system and the action, is of very high quality. Different technical tricks provide for the fact that the work in spite of his very wide arrangement remained fairly comfortably playable. Gabler realized here, besides, the first detached console in Germany. The number of the pipes should amount to a total of 6666, after the monastic tradition of the number of the lashes Jesus received during the flagellation. This number was never exactly reached.
In a first contract, in 1737, the new organ should have 60 stops and some percussion stops like Glockenspiel, Cimbala and Rossignol. The compasses should have 49 notes on the manuals (C-c3), and 20 notes (C-g) in the pedal, with all 12 chromatic notes in the lowest octaves. The wind supply system in the north tower should have 12 bellows. Most parts of the organ should be playable within three years.
Even today, Gabler's design still captivates visitors even if they see only the instrument's two-dimensional picture. The pipework layout and action are even more skillful and more attractive including the inclusion of a mighty 32-foot stop. The rich disposition, 63 stops while Silbermann had suggested 38, is designed right from the start not on the spectacular but on a rich variety of solo voices. What dominates, are the many different voices with which one could very well perform the organ literature of that day possibly from either Georg Muffat or Johann Ernst Eberli, with a variety of unparalleled timbre changes for every echo-like repetition of a musical phrase. Each stop should be characteristic and all this approach leads to a "Lieblichkeit" (melodious) especially generated by labial pipework. Gabler barely used reeds and also few mutations which tend to the 'hardness' of sound. For him, an important goal of the hearing experience is obtained by the sweetness of a flute pipe in addition to the sonorous string stops crowns the bright shine of sound and not necessarily by the powers of the principals and the strength of the trumpets. The fact that Gabler also wanted a Tutti which offers only the right background for the development of the solo stops and considering the problems of the church space, many stops are made up of multiple ranks, some of them seemingly strange combinations of flutes and strings. Many of the mixtures contain massive doublings or even quadruplings. On the other hand, the reasons why most of the pipework is of very small scale, is a secret. They are so small that Silbermann, in the preserved correspondence with the cloister, has warned about it. Nevertheless, the concept has one weakness : the optical aspect was solved to the detriment of the acoustical aspect. In fact, the organ lacks a little sound power but this is due to the fact that the case has very few tone openings, the sound of the organ is quite subdued. Gabler must have recognized this problem and the solution he selected to implement was considered adequate because he pursued an ideal sound which is still respected today.
A fire in the cloister buildings on December 2nd, 1737 and an abbot change on November 13th, 1738 ruined these plans because the carpenters had to work exclusively at the rebuilding of the destroyed buildings. In the meantime, Gabler is asked to build a new choir organ. Since the carpenters could not deliver the cases before the end of 1742, the completion of this organ was delayed too. Nothing is left from this choir organ today, except the wonderful baroque cases. Behind the facades, organbuilder Reiser built, in 1937, a new organ with 46 stops over three manuals and pedals.
In order to get the dead-locked negotiations for both organs moving again, a third contract is signed in 1741. Gabler was promised 10,000 guilders, but had to execute additional works without payment, such as angels and cherubs carvings in the facade, manufacturing the expensive ivory keyboards and building a 3-stop procession organ. In this contract, Gabler has a sense for constellations of numbers: Great Organ would have 76 stops and 6666 pipes, the Choir Organ, 24 stops and 2222 pipes for a total of 100 stops and 8888 pipes.
The fourth contract, signed in 1745, specifies the sound pattern for the each division as follows: the Hauptwerk must be overpowering, the Oberwerk and the Kronpositiv soft, the Echowerk delightful, the Brüstpositiv soft, the Hauptpedal bombast, and the Brustpedal scharpf. After today, the whole organ must not sound excessively loud, but rather a little bit with restraint much like chamber music type. Tender pastel colors are to be found in all divisions.
The organ was inaugurated on June 24th, 1750.
Gabler had to deal and solve many technical problems. The wind supply for the high-located Fernwerk over the upper middle window was almost insoluble. Only 4 of the 6 originally planned stops were installed, including a mixture. The console, the first detached console built in South Germany, is not only a work of art in itself with its ivory keyboards and drawknobs but a master technical achievement. The instrument also include special stops: a 20-note carillon, shaped like grapes, hanging above console and payable at the pedal; a Rossignol which is a nightingale with three pipes headfirst dipped in water to imitate the suitable twitter; a Glockenspiel, 32 dish-shaped bells from tenor f, inside the console; the Tympan, 4 bass pipes tuned to beat; a Cuculus, wind-driven turbine playing fixed sequences; a Cimbalum, three small bells driven by a wind turbine; the «La Force» stop which, on the deep C in the pedal, 49 ranks of pipes sound or thunder out; the manufacturing of the highest pipes of the Flageolet from ivory.
Of the 282 facade pipes, only 8 small ones are dummies. Because there was not enough height, C and C# of the 32' Contrabass are made of wood and are inside the case. That rank is in effect a 2-rank mixture, the 16' rank of which forms the organcase's side wall. Facing the case, the Brustpositiv is on the gallery rail to the left and the Brustpedal to the right. The Kronpositiv above the center window is winded via solid wooden planks into which channels have been cut; these connect the Oberwerk chests to the Kronpositiv. This last division was planned to have 2 more stops, and the 2-rank Cimbalum was to have 10 ranks. The pedal Mixturbass was also to have more ranks, but it seems that there was a wind supply problem.
Gabler's organ has gained, like few others, the admiration of the professional world of the time. A year after the completion, Europe's most significant organbuilder, Benedictine monk Dom Bédos de Celles, traveled to Weingarten to take up the organcase for his monumental work about the art of the organbuilder (Paris, 1766-1778) as figure 77.
In 1803, as a consequence of the secularization, the organ was taken care of by the inventory. At least, to a certain extent, the absence of suitable means have kept the instrument from major modifications. A Barker lever machine for the pneumatic coupling of the manuals was installed and even a new Fernwerk with high-pressure stop was included in its own swell box beyond the organ case. Luckily, these modifications did not damaged the instrument too much nor did they seriously endangered the restoration executed by the Kuhn firm, from Switzerland, in 1981-1983. The only important compromises that were agreed to concerned the reduction of the pedalboard to 27 notes (d') and the slight modification to Gabler's unequal-floating temperament. By the way, when looking at the organcase one questions as to how the tuning is executed: actually, to access the pipework in the Kronpositiv, the thick Subbass 32' pipes serves as a narrow staircase — absolutely one of the most precious ones of the world. According to the restorers, Gabler seemed to have problems calculating the resonator lengths; most of his were far too short. He wanted to have a 32' Bombard but failed to make it speak; he then modified it to speak at 16' and scratched a "16" into the face of the stop knob.
With light coming in from the six western windows, the organ offers a case that intoxicates the senses. Surely it is the greatest of all Baroque organs; at best the one in Neresheim could compete with it.
The Chancel Organ
In 1722, two years before the official inauguration of the abbey church, an order for the chancel organ was entrusted to Joseph Bossart who was probably the most significant Swiss organ builder. Already in 1730, the organ had become beyond repairs and was considered obsolete. As a result, newly elected Abbot, Alphons Jobst (1684-1738), appointed young organbuilder Joseph Gabler who was just completing the main organ in Ochsenhausen to an investigate the instrument.
Joseph Gabler received the order to repair the organ. His technical abilities as organbuilder were so much appreciated that he was entrusted, in 1737, with the construction of both the main organ and the new chancel organ. In 1743, the new chancel organ is ready, it had 22 stops and 2222 pipes. Gable is paid 666 guilders for his work. The organcase, installed above the chancel stalls, was built under the direction of Simon Feuchtmayer, from Salem, by cloister carpenter Joseph Koch; the paintings are from Br. Franz Heine.
Repairs, modifications and reconstructions follow:
- in 1838/39 and 1845, repairs by Marquart
- in 1867, repairs by Wilhelm Blessing
- in 1881, repairs by Johann Baptist Schefold, from Biberach
- in 1885/90, regular servicing by the Link Brothers, from Giengen
- in 1900, reconstruction by Julius Schwarzbaur, from Mindelheim, using the old pipework
- in 1902, end of the service contract by Schwarzbaur; the organ has 24 stops
- in 1923/24, shortly after the reestablishment of the Benedictine's cloister, organbuilder Späth, from Ennetach, provides a virtually new organ with two manuals and 36 stops and once again, using old material
- in 1932, at Fr. Winfred Ellerhorst's instigation, Albert Reiser, from Biberach, removes several stops and replaces them with seven new ones
- in 1934/37, at Fr. Winfred Ellerhorst's instigation, construction of a virtually new instrument by Reiser
- before 1966, at Fr. Gregor Klaus's instigation, installation of a large mixture
- in 1968 and in 1980, repairs by Reiser
Today, the organ in a dramatic condition and only a complete restoration will stop its irrevocable decay. A campaign is presently under way to raise money to fund the project.
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I. Hauptwerk |
|
II. Oberwerk |
| Prestant | 16' |
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Borduen 16' | II-III |
| Principal | 8' |
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Principal Tutti | 8' |
| Piffaro 8' | V-VII |
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Coppel | 8' |
| Rohrflaut | 8' |
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Salicionale | 8' |
| Octav 4' | II |
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Violoncell 8' | I-III |
| Superoctav 2' | II |
|
Hohlflaut | 8' |
| Hohlflaut | 2' |
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Unda maris | 8' |
| Mixtur 2' | IX-X |
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Mixtur 4' | IX-XII |
| Cimbalum 1' | XII |
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| Sesquialter 1 3/5' | VIII-IX |
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| Trombetten | 8' |
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III. Echowerk |
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IV. Brustpositiv |
| Borduen | 16' |
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Principal doux | 8' |
| Principal | 8' |
|
Flaut douce | 8' |
| Flauten | 8' |
|
Violoncell | 8' |
| Quintatön | 8' |
|
Quintatön | 8' |
| Viola douce | 8' |
|
Rohrflaut | 8' |
| Octav | 4' |
|
Querflaut | 4' |
| Hohlflaut 4' | I-II |
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Flaut travers 4' | II |
| Piffaro 4' | II |
|
Piffaro 4' | IV-VI |
| Superoctav | 2' |
|
Flageolet | 2' |
| Mixtur 2' | V-VI |
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Cornet | VIII-IX |
| Cornet | V-VI |
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Vox humana | 8' |
| Hautbois | 8' |
|
Hautbois | 4' |
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Tremulant |
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Glockenspiel |
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II. Kronpositiv |
| Octav doux | 4' |
| Viola 4' | II |
| Nasat | 2' |
| Cimbali 2' | II |
Hauptpedal |
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Brustpedal |
| Contrabass 32' | II |
|
Quintatönbass | 16' | |
| Subbass | 32' |
|
Superoctavbass | 8' |
| Octavbass | 16' |
|
Violoncellbass | 8' |
| Violonbass 16' | II |
|
Flaut douce-Bass | 8' |
| Mixturbass 8' | V-VIII |
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Hohlflautbass | 4' |
| Bombard | 16' |
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Cornettbass 4' | X-XI |
| Posaunenbass | 16' |
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Sesquialter 2 2/3' | VI-VII |
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Trombettbass | 8' |
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Fagottbass | 8' |
- Autres caractéristiques / Other details:
-
- Étendue des claviers / Manual compass: 49 notes (C-c3)
- Étendue du pédalier / Pedal compass: 30 notes (C-f1)
- Accouplements / Couplers:
- I/PED, II/PED, IV/PED
- II/I, IV/I, III/II, IV/III
- Kronpositiv ON, Brustpedal ON
- Tympan : 4 tuyaux de basse /4 bass pipes tuned to beat
- Rossignol : 3 tuyaux dans l'eau / 3 pipes with water bucket: d#1, g#1, and b1
- Cuculus : turbine à vent / wind-driven turbine: a1-f#1, d2-b1 sequences
- Cimbalo : 3 clochettes alimentées par une turbine à vent / 3 small bells driven by a wind turbine
- Carillon :
- Brustpositiv : f-csup>3
- Pédale / Pedal : C-g
- La Force : 49 tuyaux à partir de 2' tous jouant le premier DO de la pédale / 49 pipes from 2' all playing on Pedal lowest C
Enregistrements / Recordings:
- Motette CD 11161 (1987): Die Orgel im Weingartener Dom: Karg-Elert, Bach, Bossi, Weiner (Paul Wisskirchen)
- IFO 00056 (2000): Orgelmusik 20. Jahrhundert: Langlais, Kodaly, Fricker, Mathias (Sylvie Poirier, Philip Crozier)
Références / References:
- Schütz, Bernhard: Great monasteries in Europe : architecture, art and history; New York/London, Abbeville Press Publishers, 2004, ISBN 0-7892-0829-6
- Göttert, Karl-Heinz: Orgelführer Deutschland; Kassel, Bärenreiter, 1998, ISBN 3-7618-1347-3
- Jacobs, Friedrich: Die grosse Orgel der Basilika zu Weingarten. Geschichte und Restaurierung der Gabler-Orgel; Männedorf, Orgelbau Kuhn, 1986, ISBN 3-927296-82-1
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