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Casavant, Opus 817, 1919
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Le 5 février 1896, un groupe de paroissiens de Saint-Roch adresse une requête à Mgr. Louis-Nazaire Bégin, alors administrateur du diocèse de Québec pour obtenir la création d'une nouvelle paroisse. Ces paroissiens se plaignent de la distance qui les sépare de leur église paroissiale; et cela d'autant plus que leurs voisins de l'ouest, à Stadacona, disposent depuis 1890 d'une nouvelle chapelle. En guise de réponse à leur requête, ils obtiennent la création d'une mission, nommée Saint-Charles et placée sous la tutelle de l'archevêché. Le 18 mars 1896, la compagnie Consumers Cordage, de Montréal, propriétaire de l'ancienne corderie Brown de Limoilou, offre une vaste salle à l'étage supérieur de son usine. Une fois aménagée, cette sale devint le premier lieu de culte. La première messe eut lieu, le dimanche de la Pentecôte, le 24 mai 1896.
La construction d'une église est aussitôt décidée sur un terrain de cinq arpents offert par les soeurs de l'Hôtel-Dieu de Québec qui possédaient là une ferme et des terrains de pâturage. L'édifice projeté mesurera 45 mètres sur 21 (150 pieds sur 70) dont, dans un premier temps, on est autorisé à ne construire que la nef. David Ouellet est l'architecte de cette église; il demande des soumissions le 31 juillet 1896 et la fabrique accorde les contrats le mois suivant. L'église, en granit de Rivière-à-Pierre, est ouverte au culte et bénite par Mgr. Louis-Nazaire Bégin le 14 novembre 1897. En 1897, David Ouellet livre aussi les plans du presbytère, construit l'année suivante.
Ce premier bâtiment qui n'a survécu que deux ans, ayant été rasé par le feu le 3 décembre 1899, nous est connu par les plans de David Ouellet et une photographie ancienne. Le plan et les élévations de l'édifice étaient assez traditionnels. Par souci d'économie, le choeur était logé dans la nef qui était close par une paroi temporaire. En façade, David Ouellet avait imaginé un imposant avant-corps contenant trois entrées et autant de baies sur deux étages, comme il l'avait fait précédemment à Saint-Pascal de Kamouraska. Au-dessus de cet avant-corps, qui logeait le vestibule et les escaliers menant aux tribunes, se retrouvait un clocher assez trapu, surmonté d'une petite coupole.
La décision est prise de reconstruire aussitôt après l'incendie. Le 6 avril 1900, David Ouellet demande des soumissions pour la reconstruction de l'église incendiée, sur les mêmes murs et d'après les mêmes plans. On reconstruit aussitôt et l'édifice: la deuxième église Saint-Charles est ouverte au culte le 8 décembre 1901. Cete église porte toutefois un clocher différent, plus haut que celui de l'église précédente. Cette fois, Ouellet dresse les plans d'un clocher à double tambour ajouré et surmonté d'une haute flèche en forme conique, comme celle que Jean-Ferdinand Peachy avait installée sur l'église Saint-Jean-Baptiste au lendemain de l'incendie de 1881.
La mission Saint-Charles, qui n'a toujours pas été érigée en paroisse, se retrouve fort endettée (40 000$) du fait de tous ces travaux lorsque le curé abandonne subitement son poste. C'est donc dans des circonstances particulièrement difficiles que, le 25 mai 1902, les pères capucins prennent charge de la paroisse que l'évêque consent alors à ériger.
C'est en 1903 que l'architecte Joseph-Pierre Ouellet livre les plans du monastère des capucins, édifice érigé dans le prolongement du presbytère de 1897. Le même architecte conserve la confiance des religieux puisque ceux-ci l'invitent, en 1905,à concevoir le choeur de l'église. De plan polygonal et profond, du fait de la présence d'une congrégation de religieux, ce choeur s'appuie au chevet plat de l'église de David Ouellet, jusque-là fermé par une cloison temporaire.
Sans relâche, les pères capucins continuent leur campagne de construction: en 1907, l'éclairage électrique remplace les lampes à l'huile; en 1910 apparaissent les tribunes latérales; et en 1913-14, Joseph-Pierre Ouellet surveille la construction de la sacristie, du choeur des religieux, des chapelles en forme d'absidioles et voit au parachèvement intérieur de l'église qui est inaugurée en 1914. Mais, le 26 novembre 1916, un incendie détruit à nouveau l'édifice.
Une chapelle de bois fut ouverte au culte le 14 janvier 1917 pour être, à son tour, incendiée le 2 janvier 1918. Un mois plus tard, une nouvelle chapelle improvisée était debout. La troisième église Saint-Charles est mise en chantier le 16 juuin 1917 d'après des plans dressés l'année précédente par Joseph-Pierre Ouellet et Pierre Lévesque, fils adoptif de David Ouellet. La nouvelle église, bénite le 15 février 1920 par Mgr. Paul-Eugène Roy, évêque auxiliaire de Québec, est ouverte au culte le 26 avril 1920. Elle revêt essentiellement les caractéristiques que la précédente, sauf en ce qui concerne la façade. Joseph-Pierre Ouellet propose en effet une façade cantonnée sur deux hautes tours surmontées de flèches.
L'intérieur de l'église s'inscrit dans la tradition établie à la fin du XIXe siècle. Les gros piliers ronds du rez-de-chaussée et les piliers en faisceau du bel étage évoquent l'exemple de Saint-Jean-Baptiste. L'originalité tient à la disposition du choeur: il est plus profond que celui de la plupart des églises de cette époque et s'ouvre par des arcades sur un déambulatoire étroit, ce qui accentue son élévation.
L'architecture intérieure est complétée par un décor réalisé d'après les plans de Guido Nincheri. Le maître-autel, la chaire et la balustrade, en marbre et en scagliola, ont été livrés par la société Daprato de Chicago. Les autels latéraux proviennent des ateliers Monna & Cie, de Toulouse. Les vitraux ont été commandés chez Fisher & Leonard.
Au fil des ans, l'église a fait l'objet de travaux. En 1934, elle est couverte en cuivre et, en 1945, on y fait d'importants travaux de rénovation, et on y ajoute un baptistère, d'après les plans de l'architecte A.-Henri Tremblay, l'un des précurseurs de l'architecture moderne au Québec. Les fonts baptismaux ont été sculptés par Réné Thibault qui, tout comme l'architecte Tremblay, avait été formé à l'École des Beux-Arts de Québec.
L'église Saint-Charles, qui domine le Vieux-Limoilou, a été prise en charge par une fabrique paroissiale en 1982.
L'orgue
Un premier instrument, acheté pour la somme de 800$ peu de temps avant le feu de 1899, fut complètement détruit lors du sinistre.
Un second instrument, opus 625, produit en 1915 par Casavant Frères est installé dans la seconde église. Il s'agit d'un instrument de 45 jeux réparis sur 3 claviers manuels et pédalier. Il fut détruit lors de l'incendie de 1916.
Un troisième instrument, opus 817, produit en 1919 par Casavant Frères est installé dans la troisième église. Il s'agit d'une copie de l'instrument de 1915. Il fut inauguré par Joseph Bonnet en 1919.
Dans les années 1930, il est décidé de dégager la fenêtre principale de la tribune. Pour ce faire, l'orgue est déplacé du grand buffet dans deux chambres sis des deux côtés de la tribune. Certaines parties de l'ancien buffet sont utilisées dans la nouvelle disposition.
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On February 5, 1896, a group of parishioners from St. Roch sends a request to Msgr. Louis-Nazaire Bégin, then administrator of the diocese of Québec, in order to obtain the creation of a new parish. These parishioners complain of the distance they have to travel to go to their parish church; all the more reason since in the west, their neighbours, in Stadacona, have a new chapel since 1890. As an answer to their request, they are allowed to create a mission, named St. Charles, and reporting directly to the archbishopric. On March 18, 1896, Consumers Cordage Company, owner of the former Brown Cordage, in Limoilou, offers a large hall on the second floor of the former shop. Once converted, the hall became the first place of worship. The first mass was celebrated on May 24, 1896, on Pentecost Sunday..
The construction of a church is immediately decided upon a five-acre land given by the Sisters of Hôtel-Dieu od Quebec who own a farm and pastureland. The projected building will measure 150 feet by 70 (45 meters by 21). As the first step, the parish is authorized only to build the nave. David Ouellet is the architect of this church; he asks for tenders on July 31, 1896 and the churchwardens award the contracts the following month. The church, in granite from Rivière-à-Pierre, is opened for worship and blessed by Mgsr. Louis-Nazaire Bégin on November 14, 1897. In 1897, David Ouellet submits plans for the rectory that will be built the following year.
This first building survived only for two years because it was burnt down on December 3, 1899. This building is known to us only from David Ouellet's plans and an ancient photo. Plan and elevations of that building were rather traditional. As a measure of thrift, the chancel was housed in the nave that was closed using a temporary wall. As a façade, David Ouellet imagined a large porch containing three entrances and as many bays on two storeys, as he had done in St. Pascal de Kamouraska. Above this porch, housing the vestibule and the stairs leading to the galleries, there was a squat bell tower topped by a small copola.
The decision is immediately made to rebuild after the fire. On April 6, 1900, David Ouellet asks for tenders for the reconstruction of the church, on the same walls and according to the same plans. The reconstruction began shortly after and the building, the second St. Charles church is open for worship on December 8, 1901. This church has a different bell tower than rises higher than the former one. This time, Ouellet draws plans of an open work double-drum bell tower with a conic high steeple, like the one Jean-Ferdinand Peachy installed on St. Jean-Baptiste church following the 1881 fire.
The St. Charles mission, that is not yet established as a parish, is heavy in debt ($40,000) following all these construction works when, suddenly, the parish priest left his position. In those difficult circumstances, on May 25, 1902, Capuchin Fathers took charge of the parish that the bishop had just established officially.
In 1903, architect Joseph-Pierre Ouellet submits plans for a monastery, a building connected to the 1897 rectory. The same architect retains the fathers' trust since he is invited, in 1905, to draw the plan of the church's chancel. Because of the presence of members of a religious order, the chancel had a deep polygonal shape and rests on David Ouellet's flat chevet, until now, closed by a temporary wall.
Without respite, the Capuchins Fathers continue the construction plan: in 1907, electric lighting replaces oil lamps; in 1910, construction of lateral galleries and in 1913-14, Joseph-Pierre Ouellet supervised the construction of the vestry, the Fathers' chancel, chapels in form of absidioles and to the completion of interior structure of the church that was inaugurated in 1914. Unfortunately, on November 26, 1916, a fire destroys one again the building.
A wooden chapel was opened for worship on Januaray 14, 1917 but on January 2, 1918, it was destroyed by fire. Less than a month later, a new improvised chapel was built. The construction of the third St. Charles church began on June 16, 1917 on plans prepared, the previous year, by Joseph-Pierre-Ouellet and Pierre Lévesque, David Ouellet's adopted son. The new church, blessed on February 15, 1920 by Msgr. Paul-Eugène Roy, auxiliary bishop of Québec, is opened for worship on April 1920. It is about the same as the former one excluding the façade. Joseph-Pierre Ouellet proposes a façade restricted on two high towers topped by spires.
The church's interior is in the tradition established at the end of the 19th century. Large round pillars in the main floor and those in the galleries are reminiscent of St. Jean Baptiste church. The originality comes from the layout of the chancel: it is deeper than those found in churches at that time and it leads to a narrow ambulatory.
The interior architecture is completed by a decor based on plans drawn by Guido Nincheri. The high altar, the pulpit and the communion rail, made of marble and of scagliola, were made by Daprato, from Chicago. Lateral altars come from Monna & Co. workshops, in Toulouse. Stained glass windows are from Fisher & Leonard.
Along the years, many modifications were made to the building. In 1934, the roof is covered with copper and, in 1945, important renovation works are carried out: a baptistry is added bsed on plans prepared by architect A.-Henri Tremblay, one of the precursor of modern architecture in Quebec. Baptismal fonts were sculpted by René Thibault who, just like architect Tremblay, were educated aat the Quebec School of Fine Arts.
In 1892, St. Charles church, that overlooks old Limoilou district, was transferred to a parocchial churchwardens council.
The organ
A first instrument, purchased for the amount of $800 not much time before the 1899 fire, was completely destroyed in the fire.
A second instrument, opus 625, built in 1915 by Casavant Frères is installed in the second church. It was a 45-stop instrument over 3 manuals and pedal. It was destroyed in the 1916 fire.
A third instrument, opus 817, built in 1919 by Casavant Frères is installed in the third church. It is a copy of the 1915 instrument. It was inaugurated by Joseph Bonnet in 1919.
During the 1930's, it was decided to free the main window in the gallery. To do this, the organ is relocated from the large single organcase into two organ chambers located on both sides of the gallery. Parts of the old organcase were resued in the new layout.
II. Grand-Orgue |
III. Récit |
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|---|---|---|---|---|
| Montre | 16' | Bourdon | 16' | |
| Montre | 8' | Principal | 8' | |
| Gemshorn | 8' | Bourdon | 8' | |
| Flûte double | 8' | Viole de gambe | 8' | |
| Flûte à cheminée | 8' | Voix céleste (TC) | 8' | |
| Prestant | 4' | Principal | 4' | |
| Flûte harmonique | 4' | Flûte traverse | 4' | |
| Nazard | 2 2/3' | Piccolo | 2' | |
| Doublette | 2' | Cornet | IV | |
| Mixture | IV | Cor | 8' | |
| Trompette | 8' | Hautbois | 8' | |
| Voix humaine | 8' | |||
| Tremolo | ||||
I. Positif |
I. Solo |
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|---|---|---|---|---|
| Principal étroit | 8' | Stentorphone | 8' | |
| Mélodie | 8' | Viole d'orchestre | 8' | |
| Dulciane | 8' | Viole céleste | 8' | |
| Flûte douce | 4' | Grosse flûte | 8' | |
| Flageolet | 2' | Flûte de concert | 4' | |
| Clarinette | 8' | Tuba | 8' | |
| Tremolo | Euphone | 8' | ||
| Tremolo | ||||
Pédale |
|
|---|---|
| Principal basse | 32' |
| Flûte ouverte | 16' |
| Violon | 16' |
| Bourdon | 16' |
| Bourdon doux | 16' |
| Flûte | 8' |
| Violoncelle | 8' |
| Bourdon | 8' |
| Bombarde | 16' |